Vous vous promettez de ne plus acheter inutilement, mais vous finissez malgré tout par cliquer sur « Ajouter au panier » ? Vous entrez dans un magasin simplement pour regarder et ressortez avec quelque chose que vous n’aviez pas prévu d’acheter ? Sur le moment, l’achat fait du bien. Puis viennent parfois la culpabilité, les regrets ou la question : « Pourquoi est-ce que j’ai encore fait ça ? »
Lorsqu’un comportement d’achat devient difficile à contrôler, essayer de se raisonner ou de mieux gérer son budget ne suffit pas toujours. Il peut être utile de comprendre ce qui se passe juste avant l’envie d’acheter et ce que l’achat vous apporte sur le moment.
Car derrière un même comportement peuvent se cacher des mécanismes très différents : recherche de plaisir ou de stimulation, besoin de réconfort, ennui, stress, frustration, envie de se valoriser ou simplement habitude devenue très automatique.
Pourquoi est-il parfois si difficile d’arrêter les achats compulsifs ?
La difficulté est souvent liée au décalage entre ce que vous savez et ce que vous ressentez au moment de l’achat. Une partie de vous sait parfaitement que vous n’avez pas besoin de cet objet, tandis qu’une autre éprouve une envie très forte de l’acheter.
L’achat peut procurer une satisfaction immédiate, créer une excitation, occuper l’esprit ou permettre momentanément de ne plus ressentir une tension désagréable. Le problème est que cet apaisement ou ce plaisir peut être de courte durée.
Une fois l’achat effectué, la partie de vous qui voulait résister peut reprendre le dessus : « Je n’aurais pas dû », « J’ai encore dépensé pour rien », « La prochaine fois, j’arrête ».
On peut alors se retrouver dans une succession assez répétitive : envie d’acheter → achat → soulagement ou plaisir → regret → décision d’arrêter → nouvelle envie.
Achats compulsifs : et si deux parties de vous voulaient des choses différentes ?
Lorsque vous vous dites « je veux arrêter » tout en ressentant une forte envie d’acheter, il peut être intéressant de ne pas considérer l’une de ces réactions comme raisonnable et l’autre comme absurde.
Il peut exister un véritable conflit intérieur. Une partie de vous veut préserver votre argent, éviter les regrets ou reprendre le contrôle. Une autre recherche quelque chose à travers l’achat : du plaisir, de la stimulation, du réconfort, une récompense, une façon de diminuer momentanément une tension ou autre chose encore.
L’objectif n’est donc pas de décider à l’avance ce que l’achat « cache ». Il s’agit plutôt de découvrir quelle fonction il remplit pour vous.
C’est une différence importante : si l’on comprend ce que ce comportement cherche à obtenir ou à éviter, il devient possible de travailler sur le mécanisme qui l’entretient plutôt que de lutter uniquement contre l’envie d’acheter.
Premier réflexe : repérer ce qui déclenche l’envie d’acheter
Avant de chercher à supprimer l’impulsion, observez les moments où elle apparaît. Pendant quelques jours, vous pouvez simplement vous demander : « Qu’est-ce qui se passait juste avant que j’aie envie d’acheter ? »
Étiez-vous stressé ? Ennuyé ? Fatigué ? Frustré ? Veniez-vous de vivre une contrariété ? Aviez-vous simplement envie de vous faire plaisir ? Étiez-vous en train de regarder des promotions ou de parcourir un site marchand sans intention particulière d’acheter ?
Puis posez-vous une deuxième question : « Qu’est-ce que j’espère ressentir une fois cet achat effectué ? »
Ces observations permettent progressivement de repérer les situations dans lesquelles l’envie devient plus difficile à contrôler.
Comment arrêter les achats compulsifs : créer un délai avant l’achat
Lorsqu’une envie est forte, prendre immédiatement la décision « j’achète » ou « je n’achète pas » peut être difficile. Une stratégie simple consiste à introduire volontairement un délai.
Pour un achat qui n’était pas prévu, vous pouvez par exemple décider d’attendre 24 ou 48 heures. Mettez l’objet sur une liste ou laissez-le dans votre panier sans finaliser la commande.
Après ce délai, demandez-vous si vous le souhaitez toujours autant. L’objectif n’est pas de vous interdire tout achat, mais de créer un espace entre l’impulsion et la décision.
Faire la différence entre l’envie et le besoin
Préparer à l’avance une liste des achats dont vous avez réellement besoin peut également aider. Lorsqu’un nouvel objet vous tente, quelques questions peuvent permettre de ralentir la décision :
- Est-ce que cet achat était prévu ?
- Ai-je déjà quelque chose qui remplit la même fonction ?
- Est-ce que je le voudrais encore s’il n’était pas en promotion ?
- Qu’est-ce que cet achat va réellement m’apporter ?
- Comment vais-je probablement me sentir demain si je l’achète ?
Ces questions ne sont pas destinées à vous culpabiliser. Elles permettent simplement de remettre un peu de réflexion dans un comportement qui peut parfois devenir très automatique.
La méthode BISOU avant un achat
La méthode BISOU est un autre moyen simple d’introduire une pause avant un achat non prévu. Elle propose cinq questions :
- B – Besoin : à quel besoin cet achat répond-il ?
- I – Immédiat : ai-je besoin de l’acheter maintenant ?
- S – Semblable : ai-je déjà quelque chose de similaire ?
- O – Origine : d’où vient ce produit et dans quelles conditions a-t-il été fabriqué ?
- U – Utile : cet objet me sera-t-il réellement utile ?
Vous pouvez conserver ces cinq questions dans votre téléphone afin de les retrouver facilement lorsqu’une envie d’achat apparaît.
Trouver d’autres façons de répondre à ce que vous recherchez
Si vous constatez que l’achat apparaît régulièrement dans certaines situations, la question suivante devient : « De quoi aurais-je besoin à ce moment-là ? »
La réponse ne sera pas la même pour tout le monde. Si l’achat permet de rompre l’ennui, il faudra peut-être chercher une autre source de stimulation. S’il constitue une récompense après une journée difficile, une autre manière de se faire plaisir peut être recherchée. S’il apaise momentanément une tension, il peut être intéressant d’expérimenter d’autres façons de faire redescendre cette tension.
Chez certaines personnes, un besoin de sécurité peut également prendre une place importante. Mais il ne s’agit que d’une possibilité parmi d’autres : comprendre votre propre mécanisme est plus utile que d’attribuer automatiquement les achats compulsifs à une cause particulière.
Quand les stratégies pour arrêter d’acheter ne suffisent pas
Vous pouvez parfaitement connaître toutes ces stratégies et continuer malgré tout à acheter. C’est souvent ce qui rend la situation décourageante : « Je sais ce que je devrais faire, mais au moment où l’envie arrive, je le fais quand même. »
C’est précisément lorsque ce décalage persiste qu’un accompagnement peut être intéressant.
Dans mon travail, je ne cherche pas simplement à renforcer la partie de vous qui veut contrôler les achats. Nous pouvons également nous intéresser à celle qui continue à vouloir acheter : qu’est-ce qu’elle recherche ? Qu’est-ce qu’elle essaie d’apaiser ou d’éviter ? Que redoute-t-elle si elle ne peut plus utiliser l’achat de cette manière ?
Selon ce qui se présente, j’utilise notamment l’hypnose et le travail avec les différentes parties de soi afin de mieux comprendre ces mécanismes et de favoriser progressivement davantage de choix face à l’impulsion.
Se faire accompagner pour des achats compulsifs, en cabinet ou en visio
Si vos achats deviennent difficiles à contrôler, entraînent des regrets répétés ou ont des conséquences importantes sur votre quotidien, il peut être utile de ne plus rester seul face au problème.
Je vous reçois à Challes-les-Eaux et au Touvet. Le travail avec les différentes parties de soi peut également être réalisé en visio, partout en France.
L’objectif n’est pas de vous apprendre à ne plus rien acheter ni de vous imposer davantage de contrôle. Il s’agit de comprendre ce qui se passe au moment où l’impulsion prend le dessus, afin que vous puissiez progressivement retrouver davantage de liberté dans vos décisions.
👉 Pour approfondir cette thématique, vous pouvez aussi lire l’article : "Peur de l’abandon – comment la surmonter".